Témoé, une belle partie de pêche!

Les langoustes…… Mais où sont elles cachées???

Nous en avons beaucoup parlé et surtout mangé dans la caraïbe…. Ici, elles sont devenues rares…. Ici, la technique de chasse diffère complètement  puisqu’il faut aller les cueillir sur le platier de nuit…. Alors, vous l’aurez compris, lorsque la rumeur parle de tonnes de langoustes, à pêcher dans un endroit, tout le monde s’y précipite….

Témoé, un mythe ou une réalité????IMG_1744

Ce petit atoll situé à quelques 30 miles au sud Est des Gambier fait parti de l’archipel. Entièrement fermé, il est impossible d’y pénétrer en voilier… Par contre, par temps calme, (pas de vent, pas/peu de houle), il est possible de mouiller à l’extérieur de la barrière… La légende raconte qu’à marée basse, les soirs de nouvelle lune, on pourrait attraper des milliers de langoustes sur son platier….Sans oublier, tous les thons, dorades, thazars, espadons, etc… qu’il serait possible de pêcher en chemin…

Philippe, d’Hibiscus, a bien étudié la question avec Edouard de Taravai(qui a déjà fait plusieurs fois l’épopée Gambier-Temoé). Une fenêtre météo se présente, nous sommes donc invités à participer à l’aventure!!

Départ Mardi 17 Décembre 2013 à 5H30 du matin!

temoe R1  Nous laissons le Black Pearl à Taravai en face de la maison d’Edouard!temoe R2

 

 

Les premières lueurs du jourtemoe R3 apparaissent…. Le spectacle est saisissant. Un petit air de « déjà vu »!!Il faut dire que nous ne nous sommes plus levés aussi tôt depuis la traversée…temoe R4

 

 

 

Rapidement, les pêcheurs mettent en place les lignes… Pas une…. pas deux… mais quatre!!!!! Histoire de mettre toutes les chances de leur côté. Et ça marche…. En quelques minutes, une des lignes se tend… ça a mordu….Les pêcheurs s’organisent, pour remonter à la force de leurs bras la proie. ça a l’air gros… Une belle grosse carangue noire apparaît, alors…temoeR1

Malheureusement, toujours pour le problème de la ciguatera, les pêcheurs décident d’un commun accord de rejeter la belle bête.

 

L’attente est courte, jusqu’à ce qu’une des lignes se tende à nouveau  …. Alors commence la même gymnastique lorsqu’une seconde ligne se tend, elle aussi… Les pêcheurs divisent leurs forces afin de remonter simultanément les deux proies… Car ici, il faut être extrêmement rapide si on ne veut pas retrouver qu’un morceau de sa prise. temoeR11Soudain, Edouard, le pêcheur en chef, aperçoit un aileron…. Vite, nous sommes suivis!!! Malgré une belle synchronisation, les pêcheurs ne  remontent qu’un thon dent de chien et la tête du second… Celle-ci a été croquée nette, par??? évidemment un requin, mais de quel taille?

Les pêcheurs doivent de nouveau relâcher leur prise, elle aussi probablement contaminée par la ciguatera…. Le moral est bon, les pêcheurs restent confiants!

Tout d’un coup, une des lignes à nouveau se tend…. C’est la plus longue, les pêcheurs ne distinguent pas encore quel délicieux poisson vient de mordre à l’hameçon…En tout cas, il n’y a aucun doute la dessus: il est gros… Groupant leurs efforts, ils tirent à trois, remontant tout doucement la ligne…. ça tire ça s’est sûr!!!! Soudain Edouard annonce: « requin bulldog »…. Mince alors!!! Comment fait on dans ces cas là pour récupérer le leurre et l’hameçon sans perdre un doigt, voire même une main???? Heureusement Edouard a le coup de main enfin plutôt le coup de massue! En quelques coups sur le nez, le requin réussit à se décrocher tout seul!! Il disparait dans les profondeurs….temoeR2

 

Les pêcheurs relancent alors la ligne!!!! la route est longue jusqu’à Tomoé, cela va forcément mordre….Après toutes ces émotions, l’équipage s’autorise une pause café! temoeR12

Mais les pêcheurs restent tout de même concentrés sur les éventuelles prises!!!

 

 

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Vers midi, nous approchons de Témoé malheureusement bredouilles car  rien n’a encore mordu…

 

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L’atoll de Témoé est complètement fermé, il est impossible d’y pénétrer en voilier. L’équipage est donc à l’affût d’un passage sur la barrière de corail où les rouleaux seraient moins violents.

 

 

Edouard, déjà entrainé à cet exercice, repère LE chemin…

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On se rapproche en dinghy, il nous est difficile de distinguer un réel chemin… Les vagues déferlent… Il va falloir nager rapidement, se hisser sur le platier, et surtout se dégager aussi vite que possible afin de ne pas se faire aplatir par une vague.

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On se met à l’eau à quelques mètres du platier. Le dinghy ne peut guère avancer plus au risque de se faire prendre par le ressac et la houle… Rappelez vous que nous sommes maintenant en pleine mer… Les requins peuvent donc être de taille XXL…. Pas le temps d’y réfléchir, on nage aussi vite que possible… à peine arriver sur le récif, qu’une vague énorme se forme…. Aï aï, si on ne se dégage pas, elle va se fracasser sur nous… Il faut alors sauter dans le renfort du récif et plonger, pour ne pas se faire prendre par la force de la vague en surface. On sort à nouveau la tête de l’eau, VITE, VITE une courte accalmie!! Il faut en profiter pour se dégager du récif. Vite, vite,… Mais le platier est légèrement glissant, difficile d’aller vraiment vite sans se blesser. Heureusement, tout le monde est bien équipé: chaussons et gants!

Ouffff nous avons réussi à accoster sur Témoé!

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Nous découvrons une île déserte…Un petit paradis! Difficile de croire que personne ne s’y soit encore installé.temoeRR35

Il semblerait qu’il y ait eu des essais de perliculture dans le lagon. Mais la nacre n’aurait pas réussi à s’adapter. Dommage pour les propriétaires de l’atoll.

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Les requins qui sont les seuls gros prédateurs du lagon, ne sont pas peureux… Curieux, ils s’approchent facilement de nous…Si bien que l’un deux   touche du bout de son nez le mollet de Philippe…. Celui-ci  bondit de surprise, aussitôt le requin détalle d’un coup de queue. Nous ne savons toujours pas aujourd’hui lequel des deux a eu le plus peur.

A l’ombre, sous les vacoas (pandanus), c’est le paradis du Bernard l’hermite!coR nanardR18

 

 

 

 

A la fin de notre petite exploration, il faut reprendre le chemin vers Hibiscus, nous avons des poissons à pécher!!!!.

Figurez vous que lorsque les vagues cassent devant vos yeux, cela est bien plus impressionnant que lorsqu’elles le font dans votre dos…. Nous étudions, quelque peu paniqués, le « moins pire » chemin du retour… Il faut compter le temps entre chaque période de grosses vagues afin de profitez d’une « accalmie » pour se sauver…. Nathalie est prête à nous récupérer avec le dinghy de l’autre côté des déferlantes! Le stress monte… On est reparti pour un tour: vite vite vite, ne pas glisser, ne pas glisser, vite vite vite, avancer, ne pas ralentir, ne pas penser aux déferlantes, ne pas penser aux requins! ça y est, nous avons attend la limite du platier, on se jette à l’eau… Attention une déferlante, il faut plonger dans le trou! Vite vite nager, nager, nager aussi vite que possible!!! Ne pas s’arrêter!!! Ne pas fatiguer!!!! Et….. ça y est le plus dur est passer, on regagne le dinghy où l’on se hisse tant bien que mal, épuisés de cet effort!

Mais pas de répit, n’ayant rien à se mettre sous la dent, nous relevons l’ancre en quête d’une belle proie… L’idée est de faire le tour de Témoé. Il faut surveiller les regroupements d’oiseaux car ce serait le parfait indicateur d’un banc de poissons… temoeR7Mais avec un voilier qui va à 5 noeuds, il est difficile d’atteindre rapidement le spot avant que les oiseaux ne se soient dispersés!

 

 

temoeR8Puis c’est la touche!!!! ou plutôt les touches… ça mord, sur deux des lignes….Il n’y a plus qu’à remonter…

O hisse!!!! …Cela doit être gros!!!

 

 

« Des thons jaunes », nous crie Edouard… temoeR10Enfin quelque chose à se mettre sous la dent!! Le premier est remonté sans difficulté particulière.thon R

 

 

 

 

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Mais au moment d’attraper le second avec le crochet, celui-ci se débat une dernière fois et réussit à se détacher de l’hameçon…. Et voilà, je ne sais combien de sushis, sashimis, makis, qui nous échappent en une fraction de secondes!!!!

 

Au coucher du soleil, nous ramenons le bateau coucher de soleilRsous le vent de l’atoll. Au loin, nous apercevons Les Gambier.mangareva R La mer est calme, le vent presque inexistant… Nous devrions passer une bonne nuit, même si nous sommes mouillés en pleine mer, à l’extérieur de la barrière de Temoe.  La fatigue se fait ressentir,  l’accostage épique de cet après-midi nous a complètement démotivé de la partie de chasse nocturne aux langoustes…. luneRTant pis, nous abandonnons les milliers de langoustes qui nous attendaient sur le platier….

La nuit s’installe; la pleine lune éclaire comme si nous étions en plein jour…

 

 

Au petit matin, c’est reparti, nous levons à nouveau l’ancre vers 5H00….

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temoeRR1Les pêcheurs  ne perdent pas une seconde: à peine l’ancre levée, que les lignes sont à nouveau remises à l’eau…. Pas de langoustes, un seul thon jaune, on ne peut pas dire que la pêche à Temoe ait été fructueuse… Nous comptons donc sur de bonnes prises aujourd’hui!!!!

 

P1020167L’équipage retrouve son poste… P1020174

 

 

 

 

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Tout le monde est à l’affût, guettant le moindre oiseau dans le ciel!temoeRR5

 

 

 

 

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Après avoir fait de le tour de l’atoll, soit une petite quinzaine de miles sans aucune touche, les pêcheurs sont contraints de déclarer forfait… Hibiscus prend alors la direction des Gambier…. Retour à Taravai… Peut être qu’en route, il y aura du poisson…

 

 

L’équipage garde le sourire!temoeRR3 Nous avons quand même un beau gros thon!!!!temoeRR8temoeRR10

 

 

 

 

temoeRR9P1020175Hibiscus vogue sur une mer plate.

 

 

 

 

En fin de matinée, lorsque nous sommes en approche des Gambier, Laurent, le chef sushis, se lance dans la préparation des makis!

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ça a l’air bien bon!!!!!

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Lorsque, le chef sushi présente ses plats, l’équipage s’en lèche les babines! Puis soudain, en plein milieu du repas, Edouard (toujours à l’affût même à table) s’écrit: « ça y est ça mord! »…. Il n’aurait pas pu attendre qu’on ait fini de manger, ce poisson là!!?

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Cette fois-ci c’est une belle dorade corifène que nous péchons entre  Gaioio IMGP0839et Tarauru roa.

 

 

 

 

Quelques miles supplémentaires en longeant la barrière nord de l’archipel et Hibiscus regagne le mouillage de Taravai par la passe Ouest.

 

En fin d’après-midi, nous retrouvons le Black Pearl sans les millier de langoustes pour lesquelles nous avions, à l’origine, fait le déplacement jusqu’à Temoe… Mais comme on dit: l’essentiel c’est de participer…. Nous avons partagé d’excellents moments à bord d’Hibiscus avec Philippe, Nathalie et Edouard! Et puis rien que les paysages et notre beau gros le thon jaune, l’aventure valait la peine….

Nous n’aurons donc pas pu vérifier si la légende des millier de langoustes à Temoe était vraie!

 

 

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