Aleluha! Enfin une pêche miraculeuse !

Les diverses rencontres « kite », que nous avons faites, nous ont souvent parlé de Barbuda comme étant un des paradis du kite dans la caraïbe (Superbes lagon et très bon vent!). Barbuda, c’est une petite ile plate (le plus haut sommet culmine les 60m), au milieu d’un grand plateau corallien. Son littoral, encore presque vierge de toute construction, est bordé d’interminables plages de sable serties de bancs de coraux. Il faut donc prévoir son arrivée de jour, avec une bonne visibilité et y entrer avec précautions. Impatients de tester ce spot, nous quittons Non Such Bay au petit matin …

Notre traversée se déroule bien: bon vent et  très bonne allure. Comme à notre habitude, nous trainons 2 lignes derrière le bateau afin de pécher un « éventuel hypothétique » poisson. Jusqu’à présent ce sont plutôt des poissons d’avril que nous avons; Coraline se donne à cœur joie de me faire  croire que ça mord… C’est pourquoi, je ne surveille presque plus ce qu’il se passe à l’arrière. Mais, cette fois-ci, en jetant un coup d’œil, il semble y avoir quelques choses derrière nous… Je tire un peu sur la ligne, elle semble un peu dure… Je tire un peu plus fort et une chose remue au bout. Les fausses joies ayant usé de mon enthousiasme, je suis persuadé que c’est un sac plastique car c’est assez gros. Je remonte un peu la ligne et là m’exclame: « Un poisson a mordu, on a une prise ! » Au début Coraline ne me croit pas, elle pense que je lui fais les mêmes poissons d’avril qu’elle a l’habitude de me faire. Mais, l’intensité de ma voix et l’émotion sont telles  (C’est la toute première fois qu’on a un réel poisson) que Coraline finit par me croire. Aleluha….Après toutes ces tentatives, nous avons enfin réussi ! Nous rêvons déjà de sushis, sashimis, carpaccios, salades tahitiennes, grillades, carrys, etc…

Remonter la ligne est un jeu d’enfant, mais une fois le poisson au pied de l’arrière du bateau, il s’agit de le sortir de l’eau….. Chose à laquelle, je n’avais encore pas du tout réfléchi. Le pécheur en chef, que je suis, est partagé entre l’euphorie de cette miraculeuse prise, et la panique qui monte en lui: « On fait quoi maintenant???!!!! Il tourne en rond dans le cockpit!!! Bref c’est un bon coup de speed pour lui. Il faut réfléchir, envisager les différentes situations, penser à la sortie de l’eau sans épuisette , et à la mise à mort (rhum dans les branchies?? ou marteau?), etc… Entre nous, ça ne représente absolument pas une perte de temps puisque le poisson a le temps de se fatiguer au bout de son hameçon. Bref brainstorming avec Coraline pour décider de la meilleure stratégie à adopter et on se remet à ramener la ligne (et le poisson) vers le bateau.

La ligne se remonte assez bien, le poisson ne se débat  pas trop (Vu notre manque d’attention, il est certainement accroché depuis plus longtemps et doit certainement fatiguer…). Plus il se rapproche, plus la proie semble être grosse: 80cm environ. Il a une forme un peu allongée, mais il est toujours trop loin de nous pour que nous devinions de quel poisson il s’agit… Huuuuum que de sushis, sashimis, etc on va pouvoir manger!!!!

Un peu plus près, je déchante un peu:  il me semble reconnaître un Barracuda….. A quelques mètres, c’est la douche froide : c’est bien un Barracuda… Il pèse bien 5-6kg, jolie bête. Mais hélas dans cette zone il est préférable de ne pas les consommer ! ! ! En effet, ils peuvent avoir la Ciguatera. C’est une toxi-infection alimentaire causée par l’absorption de la chair vénéneuse de certains poissons. La toxicité des poissons peut être, chez certaines espèces permanente, chez d’autres occasionnelle. Elle dépend de la taille du poisson, de la localisation géographique, de la période de pêche. Elle génère chez l’être humain fièvre, nausée, douleurs musculaires et dans le pire des cas ,  chute des dents et des cheveux, paralysie de la respiration. L’origine de ces toxines, qui sont thermostables (la cuisson ne les éliminent pas) provient de micro-organismes marins sous forme d’une algue microscopique qui prolifère sur les coraux cassés ou abimés. En mangeant cette algue, les poissons stockent la toxine qui s’accumule tout au long de la chaine alimentaire, ce qui explique une toxicité plus forte à la fin de cette chaine parmi les grands prédateurs! Et devinez quoi??? Les barracudas sont en fin de chaine!  Désespoir, horreur, injuste et surtout famine !! Mille sabords, tonnerre de Brest… Adieux les bons petits plats à base de poisson frais…

Il s’agit à présent de relâcher la bête sans perdre notre ligne. Nouveau brainstorming et la stratégie est mise en œuvre : nous allons utiliser la gaffe (tige en métal de 2m dont l’extrémité, un crochet en plastique sert à attraper les bouées (notamment)) et une paire de bons gants, car il a tout de même de bonnes dents… Je l’attrape par une branchie et le hisse…Une main dans sa gueule béante permet de décrocher l’hameçon. Notre première et unique prise est ensuite libérée!!! Effectivement, nous avons eu un peu pitié d’elle… Pas encore habitués à tuer de petites bêtes innocentes….On espère qu’elle a survécu à ce traumatisme… Par que nous, nous avons eu du mal à nous remettre de ne pas manger de sushis, sashimis, carry, etc….

Après toutes ces émotions, Barbuda est en vue et il s’agit de rentrer dans le lagon qui l’entoure. D’après nos dernières rencontres, le meilleur spot est à Spanish Point, c’est donc par là que nous pénétrons dans le lagon. En approche, le spot se dessine : un énorme lagon turquoise, une immense plage de sable blanc et 2 bateaux au mouillage. Bref superbe!!! Reste à trouver l’entrée, car, rappelons le, ce paradis est entouré d’une barrière de corail avec une houle de 2m qui y déferle. Par précaution, l’entrée se fait au moteur, nous nous dirigeons vers la passe indiquée sur la carte de la tablette. ça y est nous sommes engagés, nous avons le bon cap, la houle nous porte, nous sommes au surf dans un bon 3m… Coraline est à l’avant du bateau pour guetter les patates de corail et chercher la passe. La houle est impressionnante, Coraline monte à 1,5 m de haut lorsque l’avant du bateau est sur le haut d’une vague, puis c’est moi à l’arrière qui voit l’avant du bateau plonger. Les montagnes russes ça vous parlent??? La barrière se rapproche, les vagues nous encerclent, mais pas de trace de la passe  qui devrait être repérable par moins de vague… Nous ne pouvons plus faire demi tour!!! Le stress monte (Si nous ne trouvons pas, nous pourrions être projetés sur les bancs de coraux et le bateau s’y échouerait alors). Mais confiant, je tiens la barre assurément et regarde Cora parfois en levant la tête parfois en la baissant. En effet, au surf le bateau gite beaucoup… Les fonds remontent 12, 10, 8, 6m… Là il faut vraiment faire gaffe … La concentration et l’attention sur Coraline qui me guide pour éviter les patates sont à leur maximum : à droite, à gauche, attention devant …  Petit à petit, la passe se dessine et devient bien visible. Nous laissons le reef à tribord et entrons dans le lagon. Ouuuuuuufffff, nous avons réussi!!!! Sportive comme entrée!!! Mais nous voilà à présent dans un coin paradisiaque. Nous mouillons rapidement au milieu du lagon. Nous pouvons voir 3 raies sous le bateau, l’ambiance est donnée : ici c’est sauvage !!

 

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Une réponse à Aleluha! Enfin une pêche miraculeuse !

  1. Gérard Mazin dit :

    Bonjour,
    vous me faites rêver !!!!!
    J’ai parcouru tous ces sites mais je ne faisais pas de Kit.
    Votre mouillage sous la tempête, c’était où? et quand?
    Alors je n’insiste pas en vous disant « bon vent »!
    mais je vous souhaite une bonne mère calme.
    Bisous.
    Gérard

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