De Cariacou à Grenada

Après avoir quitté notre mouillage « carte postale », nous faisons cap sur Grenada soit 8H de navigation prévue, cette fois ci, en pleine journée. Le paysage est sympathique mais on a l’impression de ne pas avancer. Pourtant le GPS annonce une vitesse de 5 à 6 noeuds. En fait, c’est notre allure -vent arrière- qui est responsable de cette impression. La sensation de fraicheur qu’on peut avoir quand le vent fouette le visage est inexistante lorsqu’on a le vent au cul! Le bateau vogue tranquillement… Pas de doute c’est bien plus excitant quand on est au près et que le bateau gîte du coup Coraline fait une grosse sieste. Laurent naviguera pendant un petit moment avec les ailes en ciseaux.  Un exercice pas toujours facile à réussir, mais permettant une meilleure prise de vent. Tous les moyens sont bons pour avoir plus de vitesse!

On remarque que dans les grenadines, la végétation des différentes îles est généralement abondante , on est d’ailleurs étonné de les trouver si vierges. Pas trop de trace de civilisation sur les côtes.

Le canal de Cariacou à Grenada est assez tranquille mais il y a une zone interdite à éviter car il y a un volcan sous marin en activité !! Il faut donc s’en écarter tout en évitant de s’éloigner de notre cap afin de pas tirer trop de bords par la suite. Nous choisirons donc de passer à la limite  de la zone  proscrite, tout en s’interrogeant sur la fréquence des contrôles maritimes. En même temps, il faut bien respecter la réglementation… Il doit bien y avoir une raison à cette proscription. En effet, si le volcan venait à rentrer subitement en activité, nous aurions l’air malin au dessus de lui!!!!!!

 

On tentera aussi de pêcher malgré l’interdiction dans les Grenadines!. En fait, on se dit que dans le canal entre deux îles on a peut de chances de se faire contrôler et plus de chances d’avoir des gros poissons…. Parce qu’évidemment nous ne chassons pas le petit poisson!!!! Juste les dorades, les thons, voir même les espadons…. Laurent a promis des sushis à gogo si on pêchait…. on ne peut qu’être motivés avec de pareilles promesses!!!

Malheureusement, la pêche sera  sans sucés  cette fois-ci, mais ce n’est que partie remise !!! On ne s’avoue pas vaincu sur le Black Pearl!

 

La mer est calme et la descente de la côte se fait tranquillement. Nous ferons quand même quelques heures de moteur, la côte étant déventée. Nous arrivons à Grenada après 7H de navigation. Grenada est la plus grande îles des Antilles (Trinidad et Tobago ne faisant pas partie des Antilles).

Pour la petite histoire, Grenada, découverte par Christophe Colomb lors de son troisième voyage est d’abord baptisée « Concepcion ». Plus tard, les navigateurs espagnols lui donnèrent son nom actuel, comparant ses sommets verdoyants aux montagnes dominant la ville andalouse de Granada. Ce nom fut conservé par les anglais qui dès 1609 tentèrent une colonisation. Scénario classique: les habitants de Grenada, appelés les Caraibes mangèrent quelques colons et rejetèrent les autres à la mer.  En 1650, ce sont les français de Martinique qui, plus avisés (le livre qui donne cette information historique est bien sur écrit par un Français!),  négocièrent l’achat de l’île, moyennant objets de pacotilles et bouteilles d’alcool.Les Caraibes, conscients de la duperie reprirent la lutte. Les Français s’accrochèrent à la terre et finirent par acculer les derniers Caraibes au bord d’un morne surplombant la côte Nord. Préférant la mort à la reddition, les Caraibes sautèrent dans le vide. L’endroit fut alors baptisé « Morne des Sauteurs » (Carib’s Leap).

Les Caraibes éliminés le scénario reprit: un siècle et demi de luttes entre Français et Britanniques pour la conquête de la belle et fertile Grenada. Il fallut deux traités pour concéder définitivement l’île aux anglais. Des français, il ne reste que le souvenir de quelques noms au hasard des villages et des caps et certains vocables dans le patois du pays.

Grâce à son sol volcanique, Grenada est propice à l’agriculture. Elle est aujourd’hui aussi connue sous le nom de « l’ile aux épices » pour ses cultures intensives de la noix de muscade, de la cannelle, des clous de girofles et du gingembre.

Nous avons choisi de mouiller à St Georges qui est la capitale de Grenada,  le Patuelli (notre bible) nous en fait de bons commentaires et la partie réservée à la plaisance, The Lagoon est bien protégé de la houle. Nous entrons donc au moteur dans le St George Harbour, et nous dirigeons vers the Lagoon. Malheureusement le Patuelli n’a pas été actualisé récemment. Nous trouvons une magnifique marina mais aucun bateau ancré dans cette partie du port. Nous ressortons donc et décidons de  mettre l’ancre à Ross Point près de Grand Anse, une des plus grandes plages des Caraibes au sable blanc. L’eau est turquoise, plutôt surprenant pour un mouillage qui se trouve non loin d’un port.

 

 

 

 

Heureux, nous nous jetons à l’eau pour se relaxer de notre navigation. Demain soir, nous mettrons cap sur Trinidad, une traversée de 20H, il faut donc bien se préparer et se reposer.

 

Ce contenu a été publié dans Grenadines. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *